Partager l'article ! LE TOURISME AU COSTA RICA: Le Costa Rica présent ...
Le Costa Rica présente une situation économique enviable en Amérique centrale, et plus généralement en Amérique latine. Grâce à la mise en place, il y a 60 ans, d’un Etat-providence, ce pays a, en effet, réussi à éradiquer la pauvreté et à disposer des meilleurs indicateurs sociaux de la zone. La suppression de l’armée en 1948 a permis de consacrer 20% du PIB à la santé et à l’éducation, d’où un taux actuel d’extrême pauvreté limité à 5,1%. La structure de l’économie costaricienne est équilibrée : le secteur agricole représente 10% du PIB, l’industrie pesant pour 30% (le pays le plus industrialisé de l’isthme), les services, assurent désormais 60% de l’activité.
Par conséquent, ce pays ne connaît pas ou peu de problèmes liés à l’instabilité politique ou liés à l’insécurité (hormis dans la capitale).
Le Costa Rica est délimité au Nord par le Nicaragua, au sud par le Panama, à l’ouest par le Pacifique et à l’est par la mer des Caraïbes. Situé entre deux continents et entre deux océans, il bénéficie d’une situation unique. Le climat agréable constitue un attrait essentiel pour la clientèle touristique.
Les activités touristiques sont en plein essor depuis environ 20 ans. Durant cette période, le tourisme est devenu l’une des toutes premières ressources du pays avec un apport en devises qui s’élevait en 2005 à 1,6 milliards de dollars (soit 9% du PIB). De même, le tourisme est l’une des principales ressources d’emplois : 600 000 personnes vivent directement ou indirectement du tourisme (ce qui représente tout de même 15% de la population nationale).
Cet essor touristique s’explique par le fait que ce pays renferme plus de 6% de la biodiversité mondiale, détient une situation politico-économique stable et une géographie présentant de nombreux avantages (notamment au niveau du climat). De plus, le temps de trajet jusqu’aux Etats-Unis est réduit (à peine 4 heures en avion) ce qui est important quand on sait que les Etats Unis renferment une part importante des touristes mondiaux.
Cependant, la mauvaise publicité qu’offrent ses turbulents voisins (Panama, Nicaragua et Honduras) limite de manière notable les entrées de touristes dans le pays.
Provenance des touristes ?
La clientèle vient essentiellement des Etats-Unis et du Canada (50%). Viennent ensuite les touristes issus de l’Amérique centrale (25%). Les européens ne représentent que 14% des touristes parcourant le Costa Rica (14% des visites). Enfin, le tourisme national représente le reste (environ 5%). La proximité du Costa Rica vis à vis des Etats Unis explique la part dominante des touristes d’Amérique du Nord. Par contre, la clientèle européenne est encore peu nombreuse faute de publicité du pays en Europe mais aussi à cause des problèmes politiques récurrents des pays d’Amérique centrale. Enfin, il ne faut pas négliger ni la part de tourisme national essentiellement composée des habitants de la capitale ni les touristes issus d’Amérique centrale et du sud, dont le pouvoir d’achat augmente de manière régulière au cours des dernières années.
Profil des touristes
Les touristes foulant le sol costaricien sont pour 56% d’entre eux des personnes mariés et d’un âge compris entre 25 et 45 ans. Parmi eux 83% des personnes sont diplômés d’un troisième cycle et 55% d’entre eux ont une source de revenu annuel supérieur à 75000 dollars. La clientèle est donc jeune, sportive, aisée et sensibilisée à la plupart des problèmes économiques, politiques ou encore environnementaux.
Pourquoi viennent-ils ?
Pour 65% des touristes, le Costa Rica est une destination de vacances, de loisir et de plaisir. Même si 80% des visiteurs choisissent en premier lieu le pays pour profiter des plages, les activités d’écotourisme (observation de la faune et de la flore, promenades en forêt, volcans) restent des critères important dans le choix du pays.
En général, les voyageurs organisent eux-mêmes leur voyage puisque seulement 30% d’entre eux font appel à des agences de voyages. Ils organisent donc leur propre parcours à partir de la documentation existante et dans laquelle figure des circuits types permettant de découvrir la plupart des attraits du pays.
Sur les 5 dernières années, la durée moyenne du séjour est de 11 jours avec une dépense moyenne sur place de 1560 dollars ce qui représente un budget moyen quotidien de 140 dollars (cf. document 4). La majeure partie du budget quotidien est dédiée aux activités de loisirs (c’est ce que recherche la clientèle). Celles ci sont très diversifiées (visites diverses, promenades en VTT, quad, cheval, canopy tour, canyoning, rafting…).
Cette clientèle réalise en général de courts séjours dans des endroits bien précis. En effet, les produits liés au tourisme ne profitent pas de manière égale à l’ensemble des provinces. Généralement, les circuits proposés au Costa Rica par la documentation sont semblables. Ceux-ci se concentrent autour de régions qui ont su développer leur tourisme autour d’un thème bien précis ou d’une richesse naturelle bien précise. Par exemple, le site de Tortuguero s’est servi du fait qu’il faisait partie d’un des six endroits au monde où pondent les tortues marines afin de mettre en place des produits touristiques (arrivée sur le site uniquement en bateau, tours nocturnes avec un guide pour observer les pontes, produits dérivés sur la tortue). De même le site de La Fortuna s’est servi de la proximité du volcan Arenal pour mettre en place des activités touristiques en lien avec ce mont.
La province de Cartago, même si elle possède aussi des richesses majeures du Costa Rica (volcan Irazù, monument renfermant des vestiges pré coloniaux, volcan Turrialba, cascades…) n’a pas été en mesure de retenir les touristes de passage plus d’une journée faute d’une organisation du tourisme ou de mise en place d’activité gravitant autour de ces ressources.
C’est pourquoi nous essaierons au cours de notre diagnostic de mettre en évidence ces richesses et de proposer des méthodes pour les exploiter afin que cette région profite elle aussi des opportunités offertes par le tourisme.
VOLONTE DE DEVELOPPEMENT :
Les costariciens sont bien conscients que la clé de voûte de leur développement touristique est leur environnement. Si celui-ci est dégradé il drainera forcément moins de touristes ce qui engendrera moins de revenus aux populations locales. C’est donc pour cela que les costariciens n’envisagent pas la construction de vastes lots d’hôtels ni le bétonnage de leurs terres. Ils résistent même aux investisseurs américains en invitant la population locale à bénéficier directement de l’or vert via l’accueil de personnes ou l’organisation d’activités.
L’idée principale est le développement de chaque commune et de chaque population de sorte que chaque habitant puisse profiter du tourisme. Celui-ci est basé sur une richesse naturelle présente ou sur une filière agricole avec la mise en place de circuits. Ce développement n’est possible que pour des courts séjours (3-4 jours maximum). Dans tous les cas, la commune ne pourra pas retenir les touristes de passage plus de 4 jours car ceux-ci ont la volonté de découvrir l’intégralité du pays. Il faut quand même parvenir à les retenir plus d’une journée afin que les hébergements et la restauration soient aussi valorisés.
L’implantation d’un type d’activité qui n’existait pas avant sur la zone, engendre obligatoirement des impacts. Ceux-ci peuvent être positifs ou bien négatifs. Avant la mise en place d’une activité, il convient de pouvoir être en mesure de dire si les bénéfices tirées du tourisme vont pouvoir permettre au minimum de couvrir les coûts. Des activités touristiques bien maîtrisées seront garantes du maintien de la qualité des paysages et de l’environnement. Actuellement, l’outil employé au Costa Rica est le calcul de la capacité de chargement touristique. La capacité de charge est la capacité qu’un écosystème détient de manière spécifique. Elle correspond au seuil de personnes qu’il peut accueillir sans qu’il puisse en pâtir, c’est à dire sans que les gestionnaires de la zone ne puissent remarquer de conséquences néfastes sur les principaux indicateurs (faune, flore, comportements) de la zone en question. Ainsi, les entrées dans les zones protégées sont contrôlées chaque jour, si le seuil de charge est atteint, le visiteur supplémentaire doit alors attendre qu’un autre touriste sorte afin de pouvoir pénétrer au sein de la zone. Ce système fonctionne parfaitement dans la plupart des parcs nationaux (Tortuguero : capacité de 800 personnes par jour, Manuel Antonio : capacité de 950 personnes par jour) et les aires protégées gérées au niveau régional.
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